Pas facile de toujours rester motivée...le froid, les transports inconfortables, la nourriture monotone, la vie à l'indienne... la fatigue s'installe et je commence à moins bien supporter les inconvénients du pays!
En effet, depuis le début du tour, il a fallu chercher des informations pour se déplacer. Pas de bureaux pour touristes, alors nous demandons dans les guesthouses mais ils ne sont pas toujours au courant. Nous demandons à des locaux dans la rue, mais l'un nous indique à droite, l'autre à gauche, l'un à 5 heures, l'autre à 8 heures... Lorsque nous trouvons enfin un bus, il est complet! Le meilleur moyen de se déplacer est donc la jeep. De nombreux conducteurs attendent dès l'aube les clients... mais la jeep ne part que lorsqu'elle est pleine. Et il est plus prudent de se trouver une place à l'avant de la voiture, car derrière, impossible de voir la route (surtout quand on se retrouve une bonne quinzaine à l'intérieur!) et vu l'état des chemins... on a vite envie de vomir! Parfois, le nombre de personnes est bien supérieur aux nombres de places ... il faut donc être le plus rapide et sauter dans la voiture en poussant tout le monde... façon indienne!
Pour les logements, cela n'a pas été plus simple. La plupart des chambres coûtent au minimum trois fois plus cher que mon budget prévu, et le prix n'est pas négociable! Lorsque j'arrive à Uttarkashi, après 11 heures de bus inconfortable, il pleut à torrent, les rues sont inondées. Je me lance à la recherche d'une chambre, deux heures après, il fait nuit, et je suis toujours dans la rue! Complet ou trop cher! Mais le pire, c'est que ces chambres trop cher sont carrément minables... si encore c'était le grand luxe! A Gangotri, les chambres sont correctes, mais elles ne sont pas isolées (je précise que le chauffage n'existe pas là-bas, l'électricité pas toujours!), autant dire que les nuits sont fraîches, même sous la couette! Et plutôt humides! Difficile de faire sécher des vêtements! Je ne suis pas une fan du grand luxe, mais cracher le dentifrice dans le trou des WC turc odorants, se laver à l'eau très froide (alors qu'il fait froid dehors), ne pas trouver de papier toilette à acheter... dur! dur! Alors qu'il suffit d'ouvrir son robinet d'eau chaude en France, il me faut ici payer pour avoir un seau d'eau chauffée au feu de bois... Je rêve d'un hammam, tout comme je rêve de bonne nourriture...
Je mange tous les jours la même chose, du riz ou des nouilles, des chapatis... peu de fruits, pas de viande, pas de poisson...je mange pour me nourrir, comme les indiens, mais pas pour le plaisir de mes papilles! Ce n'est pas si grave, je compenserai dès mon retour en France! Bref, au fil des jours et des kilomètres parcourus, et malgré les merveilleux paysages et les bonnes rencontres, la fatigue s'installe, mais le moral est toujours bon!