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horloge parlante

Femmes indiennes

 

 

Un sari coloré, des bijoux, du khôl noir, un bindi, de la poudre colorée sur les cheveux, du mehendi sur les mains… d’apparence, la femme indienne est très belle.

Le sari est un morceau de tissu d’environ cinq mètres de long qui s’enroule autour du corps de la femme, comme une enveloppe. Une seule pièce, jaune, orange, rose, bleue…flamboyante mais surtout scintillante. Car les indiennes adorent ce qui brille.

Des bagues aux orteils pour les femmes mariées, des chaînettes de cheville, des bracelets sur tout l’avant bras, un collier, des boucles d’oreilles, des bijoux sur le front, sur le nez… porter des bijoux est un signe de richesse, richesse du mari. Même les plus pauvres affichent des bijoux… en pacotille.

 

Cette belle apparence pourrait refléter une beauté intérieure, mais je pense plutôt qu’elle masque un mal de vivre. La vie d’une indienne de basse caste à Varanasi est dépourvue de tout plaisir. Elle s’occupe de ses enfants, prépare à manger pour son mari qui rentre saoul le soir, effectue son devoir conjugal… elle subit sa vie. Elle souffre mais ne dit rien. Parfois, elle reçoit des coups, ou les donne. Parfois, elle ferme les yeux sur les infidélités de son mari. Elle ne partage avec lui qu’un mal d’être ensemble, qui peut générer de la colère, voire de la violence. Il arrive encore des “accidents” de cuisine, où la femme est brûlée.      

 

 

 

 

 

Il existe aussi, à Varanasi, des endroits où les veuves sans famille, vivent en recluses, comme le montre l’histoire du film Water. Jusque dans les années 1950, le sati était pratiqué : les veuves se jetaient dans les flammes du bûcher de leur mari. On pourrait penser qu’elle le faisait par amour. Mais c’est plutôt car elles n’existaient plus sans leur mari, pour la société. Sans lui, elles n’avaient plus aucune utilité, elles étaient déjà à moitié mortes. Les choses ont changé pendant la période de Gandhi.

J’ai rencontré Siou, une française qui travaille pour améliorer les conditions de vie des indiennes (www.benaresamities.com). Elle informe les femmes sur la contraception, la stérilisation et les accompagne lors des accouchements. Beaucoup de travail, malgré un manque de fonds financiers. Même si donner naissance à une fille est encore une grosse déception dans certaines familles car il faut payer la dote pour le mariage, petit à petit, les mentalités changent.

 

Mais l’éducation des filles n’est pas encore si facile. Annapurna est une jeune fille de 25 ans, qui vient de commencer ses études de dentiste dans une école privée (donc très cher). Elle vit avec sa soeur Pooja et sa mère, veuve depuis une vingtaine d’années. La vie n’est pas facile, avec 60 euros de revenus par mois et les dépenses nécessaires de la famille. Mais, Annapurna a l’espoir d’accéder à une vie différente de celle de sa mère, vie sacrifiée. Elle a déjà refusé une demande en mariage pour vraiment décider de sa vie. Mais jusqu’où aura-t-elle les moyens financiers de poursuivre ses objectifs? En tant que femme occidentale, sa vie me touche. Mais comment la soutenir?   

     

 

Publié à 03:40, le 21/03/2008 dans 1.5 Récits Inde ,
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