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horloge parlante

School of Life

 

Petite visite à la School of Life, une école dans un quartier pauvre de Varanasi (Samney ghat), pour les enfants de la rue. Mes deux mois de volontariat dans cette école en 2007 ont été une formidable expérience, et je suis assez curieuse de voir comment les choses ont évolué pour ces enfants.

  

Cette année, Dan et Jessica (un couple canadien qui gère l'école) ne sont plus sur place. Ils semblent qu'ils aient réussi a trouver un manager indien fiable (pas si facile à trouver!). Damyanti, une des maitresses, est partie. Elle a été remplacée, mais j'ai retrouvé Sister Catherine et la cuisinière de l'école que je connais bien. Ma plus grande surprise a été de constater que la majorité des enfants que je connaissais n'était plus ici...la plupart ont réussi à intégrer les écoles publiques et privées du coin... ils sont maintenant très fiers de porter l'uniforme! Une belle réussite pour l'école!

  

Mais de nouvelles petites têtes pleines de poux ont encore beaucoup à apprendre. Et certains enfants, comme Sudasun, ont laissé tomber l'école... pour retrouver la rue. Quel avenir s'offre donc à lui maintenant? l'accompagnement qu'offre l'école a malheureusement ses limites...

 
 

www.basichumanneeds.net

 

 

 

Article paru dans le magazine des voyageurs Club Teli en juin 2007

Ganga Ganga Namaste! 

 

 Je pousse la barriere de bambou, et deux ou trois petits monstres, la tete recouverte de poux, me sautent au cou pour me dire bonjour... je viens de penetrer dans la cour de la School of Life.

Depuis plusieurs semaines maintenant, je viens travailler benevolement dans cette ecole atypique qui accueille une trentaine d'enfants. A partir de 6 ans, ils sont pris en charge par des enseignantes indiennes et apprennent l'hindi, les maths, l'anglais... les bases pour esperer integrer une ecole publique plus tard.

Les plus petits, qui sont venus avec leurs grands freres au lieu de trainer dans la rue et ramasser toute sorte de dechets n'ont pas encore d'emploi du temps tres precis, ni d'activites prevues pour eux... c'est le travail des benevoles.

Tous les matins, lors de la seance de yoga des grands, je vais chercher de l'eau a la pompe avec Sunda et Om Prakash, toujours volontaires, meme s'ils ont encore beaucoup de mal a porter les seaux. J'essaie ensuite de mettre en place quelques activites d'apprentissage (me souvenant de mes deux annees d'enseignement en ecole maternelle).  "Good morning, good morning! How are you? how are you? I'm fine thank you" Nous sommes tous assis par-terre et cette chanson est notre petit rituel avant de commencer l'activite lecture.

J'ouvre alors un livre et je commence a expliquer l'histoire des Trois Petits Cochons. Je tente de poser des questions pour faire participer les enfants, mais probleme, ils ne comprennent que l'hindi. Il me faut donc trouver une autre tactique: je tente de mimer et j'introduis quelques mots en anglais que je leur fais repeter ("wind")... ils se mettent aussi a mimer en soufflant comme le loup sur la maison d'un cochon... Les enfants sont tres interesses par l'histoire au debut, mais leur attention est de courte duree, et deja ils me grimpent sur le dos ou sont partis embeter leurs grands freres. Pas facile de rester assis plus de 10 minutes!!!

Je sors alors le jeu des cubes, je tente de ramener les enfants vers moi et nous comptons tous ensemble "ek... dos...teen...one... two...three..." Om Prakash se leve, il est tres fier de reciter tout seul, devant tout le monde.        

Il est l'heure du the maintenant. Je suis surprise de voir sauter les enfants dans tous les coins de la cour  avec leur verre de chai a la main...J'ai plutot l'habitude des gouters dans le calme. Dan, le responsable, m'explique que si nous mettons trop de contraintes a ces enfants qui n'ont aucune limite, ils ne viendront plus a l'ecole. Il faut savoir doser nos exigences. 

Les jeux collectifs ne sont pas evidents non plus: tous les enfants veulent le ballon en meme temps. Ils ont beaucoup de mal a comprendre qu'il y a des regles a respecter. Je tente alors la sanction: Sudasun, qui ne suit pas le regles du groupe, est exclu. C'est la crise, il s'enerve, il pleure. Il veut revenir avec nous, mais je ne flechis pas. Et ainsi petit a petit, les activites de groupe s'ameliorent, le comportement des enfants se modifie.   Les activites manuelles ont beaucoup de succes, comme la pate a sel par exemple. Les enfants preparent puis malaxent cette pate. Ils ne conservent pas leur creation, ils la detruisent car elle n’a peu de sens pour eux ou leur parents. Mais l’important est le plaisir d’avoir participe a l’activite ensemble.

L’apres midi, l’ecole est fermee. Certains enfants retournent chez leurs parents, dans la rue. D’autres vont avec un animateur indien au refuge de l’ecole, ou ils pourront dormir le soir, a l’abri.

Cette experience a la School of Life a ete pour moi tres enrichissante: tout d'abord sur un plan professionnel puisqu’elle m’a permis de reflechir reellement sur les buts de l’enseignement et de l’education. Mais aussi sur un plan personnel: la rencontre avec des personnes de culture et de vie totalement differentes amene une reflexion sur le respect de la personne, et la maltraitance subie par ces enfants, par les femmes.   Il ne s’agit pas de vouloir changer la societe, ou sauver ces enfants, mais simplement de partager des moments avec eux. Moments d’echange car j’ai recu autant (si ce n’est plus) que ce j’ai donne a ces enfants pleins de vie.

Gaelle (ou Ganga didi) 

     


Publié à 04:05, le 21/03/2008 dans 1.5 Récits Inde ,
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