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Solitude a Shimla

Apres plusieurs semaines, j’ai quitte Varanasi, une ville que je connais, un quartier ou j’ai mes habitudes, des ruelles ou je me sens bien car j’y ai quelques amis.

La chaleur devenant assommante en ce mois de mai (45 degres), je decide de partir a la decouverte du nord de Delhi, region plus montagneuse. Shimla est ma premiere destination. Apres une journee et une nuit dans le train, j’ai malgre tout apprecie le petit train de montagne sinuant dans les pinedes et traversant presqu’une centaine de tunnels. Mais la ville m’inspire une impression de déjà-vu : de nombreux touristes indiens, jeunes maries en vacances, comme a Darjeeling ou Mont Abu. Tres kitch! Et pas vraiment interessant pour moi. De plus, la pluie m’accompagne.

Et pour la premiere fois en Inde, je suis vraiment seule. Pas de tristesse, pas de deprime, mais je me rends compte de l’importance de partager ces moments de decouverte avec quelqu’un.



Publié à 01:57, le 9/05/2008 dans Articles Inde, Shimla
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Le Feu Eternel

 

 

 Apres avoir navigue sur le fleuve sacre, a la seule lueur de la lune (car la ville beneficie de nombreuses coupures de courant), je debarque sur le ghat Manikarnika, le ghat des cremations. J’ai demande a un ami indien de m’accompagner, mais il reste en retrait, me laissant contempler le fascinant spectacle des buchers en feu.

Mon regard est attire par les flammes qui dansent sur une enveloppe corporelle. Sur fond orange, je vois la peau se noircir, fondre, diminuer jusqu’a disparaitre. Bientot, il ne reste que le haut du corps. Un homme hors caste le pousse avec un baton de bambou, vers les grosses flammes. A cote, des hommes en dhotis et turbans blancs, sont accroupis et attendant que le corps soit consume pour jeter les cendres dans le Gange et prendre un bain. Ils discutent et m’observent. Je suis la seule femme. Les indiennes ne sont pas acceptees pour la cremation des corps, car leurs pleurs empecheraient l’ame du defunt de se liberer.

Mon attention se porte maintenant sur les hommes qui arrivent d’une petite ruelle, en chantant, portant un brancard de bambou. Le cadavre est recouvert d’un tissu orange or, et de fleurs d’oeillets d’Inde. Ils descendent jusqu’a l’eau et plongent le corps pour une derniere purification. Le bucher est ensuite prepare: le bois utilise depend des moyens financiers de la famille. Le bois de santal est le plus cher. Une petite ceremonie est ensuite effectuee autour du corps. Pour emflammer le bucher, la famille doit payer une taxe… taxe pour avoir droit au feu eternel. Un feu eternel, qui selon la legende, brulerait depuis 7000 ans…

Alors que nous considerons la mort comme une fin, un dechirement, pour les indiens il ne s’agit que d’une continuite, un passage vers une vie nouvelle. Notre rapport a la mort depend de notre rapport a l’inconnu, de notre rapport a la vie. En recherchant la paix en soi, la mort parait peut etre plus douce, et la vie aussi…

 

 

 
 

A la tombee de la nuit,

je me suis recueillie sur les eaux du Gange,

et j'ai depose pour toi...

quelques petales de fleurs,

quelques mots,

la flamme d'une bougie.



Publié à 01:42, le 9/05/2008,
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